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Quand le rire rassemble : une histoire de passion et de communauté
Journal L’Éveil
Septembre 2026 — Volume 49
De passage à Saint-Adelme pour roder leur nouveau spectacle, Guillaume et Samantha, alias Les Beaux Niaiseux, ne cherchent pas seulement à faire rire. Leur démarche utilise le clown comme un outil de rencontre, de confiance et de bien-être.
Pour Guillaume, cette vocation remonte à l’âge de 18 ans. Alors qu’il travaillait dans un camp d’été au Nunavik auprès de jeunes vivant des situations difficiles, plusieurs lui ont confié leur détresse et leur désir de mourir.
Ne sachant pas véritablement quoi faire, il s’est improvisé clown.
« Je ne connaissais rien au clown, au théâtre, au cirque », raconte-t-il. Les premiers essais n’étaient pas parfaits, mais quelques sourires sont apparus et certains regards se sont illuminés.
C’est là qu’il a compris ce qu’il voulait faire de sa vie : devenir clown humanitaire. Depuis, il a travaillé dans une quarantaine de pays ainsi qu’au Québec, notamment dans des CHSLD et des hôpitaux.
Samantha est arrivée au clown par un parcours différent. Issue du théâtre, elle a suivi plusieurs formations, travaillé comme clown au Québec et à l’étranger, puis étudié deux ans dans une école de clown en France.
Aujourd’hui, leurs univers se rejoignent. Lui vient davantage de l’humanitaire, elle du théâtre et du spectacle. Ensemble, ils ont créé Les Beaux Niaiseux.
UN SPECTACLE PENSÉ AUTREMENT
Dans leur approche, le rire n’est pas l’unique objectif.
Guillaume explique que le clown sert avant tout à créer un espace où les enfants peuvent se sentir à l’aise, participer et s’exprimer.
« Le clown est un outil, un prétexte pour créer cette communication-là et contribuer à leur bien-être. »
Le spectacle est donc volontairement simple, visuel, interactif et facile à transporter. Il doit pouvoir être présenté dans des milieux très différents, y compris dans des camps de réfugiés, parfois sans partager la même langue que le public.
La participation des enfants occupe une place importante. Un simple passage sur scène, quelques mouvements et des applaudissements peuvent représenter une petite victoire pour un jeune qui manque de confiance ou qui a vécu des événements difficiles.
Les artistes parlent davantage d’un effet thérapeutique que d’un objectif éducatif : aider à renforcer l’estime de soi et permettre aux enfants de se sentir vus, valorisés et applaudis.
SAINT-ADELME AU CŒUR DU RODAGE
L’année 2026 est consacrée à la création de ce nouveau spectacle.
Après plusieurs mois de travail, Guillaume et Samantha avaient besoin de le présenter devant de vrais publics. Leur passage à Saint-Adelme leur permet justement d’observer les réactions, de tester les numéros et d’améliorer certains éléments.
« C’est des gens de Saint-Adelme qui nous inspirent. Qui nous font du bien », expliquent-ils.
Les commentaires des enfants, leurs réactions et leur participation deviennent ainsi une véritable partie du processus de création.
Saint-Adelme n’est donc pas seulement un lieu de représentation : pendant quelques jours, la communauté contribue à faire évoluer un spectacle qui pourrait ensuite voyager beaucoup plus loin.
UN RÊVE : LA SYRIE
À terme, Les Beaux Niaiseux souhaitent présenter ce spectacle en Syrie.
Guillaume a travaillé pendant plusieurs années auprès de réfugiés syriens dans différents pays du Moyen-Orient. Malgré cette proximité, il n’a encore jamais eu l’occasion de se rendre en Syrie.
Une histoire résume à elle seule ce qui continue de le pousser à exercer ce métier.
Après une intervention auprès de réfugiés, une mère est venue le voir en pleurant. Malgré la barrière de la langue, il a fini par comprendre ce qu’elle voulait lui dire :
Une phrase qui rappelle que derrière le nez rouge et les éclats de rire se cache parfois quelque chose de beaucoup plus profond.
Et, pendant quelques jours, Saint-Adelme aura contribué à faire grandir cette aventure.
En collaboration avec Audrik Monfor au texte et entrevue Monique Thibeault.
Cet article est paru dans le Journal L’Éveil, Volume 49 — Septembre 2026.
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